Projet Eureka

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Introduction

EUREKA est un réseau intergouvernemental international auquel participent plus de quarante pays appartenant à l'Union Européenne et l'Europe, en plus d'Israël, de la Corée du Sud, du Canada et récemment le Chili. Ce réseau est spécialisé dans la recherche et le développement en milieu industriel principalement mais couvre aussi d'autres sphères d'activités. EUREKA est financé par des fonds publics provenant de divers organismes de recherche ou gouvernementaux des pays membres.[1].

Objectifs

L'objectif d'EUREKA est de renforcer la compétitivité des entreprises européennes qui ont l'esprit d'innovation et de faire le lien entre petites et grandes entreprises, instituts de recherche et universités. EUREKA concentre le potentiel des experts, des connaissances, des installations de recherche et des ressources financières de manière plus efficace et utilise une approche ascendante (bottom-up), pour s'assurer que tout projet de recherche et développement reçoit le soutien approprié, indépendamment de sa nature technologique, ou le type d'organisations impliquées.

EUREKA est une plate-forme ouverte qui permet aussi la coopération internationale en matière d'innovation. Pour les instigateurs de ce projet, il est important que les conditions pour participer à un des différents volets d'Eureka, soient simples et faciles pour les participants.

Au départ, les projets admissibles au programme Eurêka étaient les suivants [2] , en ordre de priorité: information et télécommunication, robotique, matériaux, productique, biotechnologie, technologies marines, laser et technologies de la protection de l'environnement et du transport. Ce programme comprend également des projets de recherche et de développement dans les domaines de la haute technologie, visant à la création d'une infrastructure moderne pour les échanges transfrontaliers.

Historique

Eurêka a été créé le 17 juillet 1985 par les ministres de 17 Etats et les membres de la Commission des Communautés européennes réunis en conférence à Paris, en réponse à l'initiative de défense stratégique (IDS) proposé par le président Reagan [3].Les principaux instigateurs de ce projets ont été le président de la France, François Mitterand et le chancelier allemand, Helmut Kohl. Le président français craignait en effet que les États-Unis ne délaissent la protection de l'Europe pour se concentrer sur la défense de leur territoire. Sachant que le France ne pouvait seule, se lancer à la course de l'innovation technologique, elle propose à ses partenaires européens de former une communauté européenne de haute technologie, qui se distingue de l'IDS par son approche non-militaire [4].

Les 5 et 6 novembre 1985 à Hanovre [5], les ministres de 18 Etats et un membre de la Commission des Communautés européennes sont convenus qu'Eurêka doit permettre à l'Europe de maîtriser et d'exploiter les technologies importantes pour son avenir et de développer ses capacités dans des secteurs essentiels.

Volets

Grappes technologiques (Clusters)

Initié par l'industrie européenne, les clusters EUREKA[6] sont des initiatives à long terme et significatives qui développent des technologies d'une importance capitale pour la compétitivité européenne. Elles répondent aux besoins des grandes entreprises et des PME et elles ont comme objectif d'être le moteur de l'innovation industrielle et de la croissance économique.

Les grappes technologiques permettent de catalyser la génération de projets de recherche et développement, orientés vers l'industrie, proches des marchés et compétitifs dans leurs domaines respectifs.

Parapluies (umbrellas)

Les parapluies[7] sont des réseaux thématiques dans le cadre d'Eureka qui se concentrent sur un domaine technologique ou un secteur d'activité spécifique. L'objectif principal d'un parapluie est de faciliter la génération de projets EUREKA dans sa propre zone cible. EUREKA Umbrellas doit être une association d'au moins cinq réseaux thématiques nationaux dans un domaine spécifique de technologie ou de service. Les parapluies sont composés d'experts de la science et de l'industrie ainsi que de représentants des institutions de financement nationales. Ils sont mis en place pour soutenir et conseiller les consortiums de projets sur le développement d'idées de projets à travers des partenariats internationaux dans leur domaine de technologie. Ce volet d'EUREKA génère des projets mais ne produit pas directement de recherche et du développement. Un exemple de projet est le Euroagri foodchain qui a pour but de réunir et de faciliter les contacts entre les acteurs et intervenants dans le secteur de l'agroalimentation[8]

Projet de réseau (Network project)

Les projets de réseau EUREKA[9] sont des projets de recherche et de développement axés sur les marchés entre les pays membres. Les projets sont soutenus par les administrations publiques et les agences de financement publiques représentant EUREKA dans chacun de ses 40 pays membres. Le but est de développer des produits, des services ou des procédés ayant un intérêt commercial.

Comme mentionné plus haut dans le texte, l'approche «ascendante» d'EUREKA pour la création de projets continue d'être une caractéristique qui différencie EUREKA des autres initiatives similaires. Cette approche permet aux consortiums de projets de définir la nature des technologies à développer et comment le projet se développera. Ils établissent des règles de propriété intellectuelle et construisent des partenariats, partagent l'expertise et accèdent aux marchés internationaux avec les résultats de leurs recherches.

Les participants sont responsables de décider du sujet du programme, du choix de leur(s) partenaire(s) et du contenu qui sera partagé, du planning et du budget. Ils ont aussi la responsabilité de la protection de leur recherche et de la façon dont ils exploiteront les résultats de leur projet.

Pour mettre en place un projet de réseau EUREKA, il faut au moins deux partenaires de deux pays EUREKA différents. Les partenaires peuvent être de toutes sortes: PME, grandes entreprises, instituts de recherche et universités.

Eurostars

Le volet Eurostars[10] soutient des projets internationaux menés par des petites et moyennes entreprises performantes en recherche et développement. Eurostars est un programme conjoint entre EUREKA et la Commission européenne, cofinancé par les budgets nationaux de 36 États participants et pays partenaires d'Eurostars et de l'Union européenne.

E!nnovest

Le programme EUREKA InnoVest (E! InnoVest)[11] est un programme de préparation aux investissements d'EUREKA visant à renforcer la sensibilisation aux investissements, l'investissement et la préparation des entreprises visant à promouvoir les plus prometteuses auprès des investisseurs et à faciliter les investissements internationaux. .

Le programme est organisé par EUREKA en coopération avec European Business Angels Network (EBAN)[12], le Réseau européen des centres d'affaires et d'innovation (EBN) [13] et Tech Tour[14] .


Pays membres

Eureka.JPG


Figure 1. Carte mondiale des pays membres du réseau Eureka 2018 (tiré du site http://www.eurekanetwork.org).


Tableau 1. Liste des pays membres du réseau Eureka 2018 (tableau modifié du site Wikipedia[15]).
Pays Depuis
Autriche 1985
Belgique 1985
Bulgarie 2010
Croatie 2000
Chypre 2002
République tchèque 1995
Danemark 1985
Estonie 2001
Finlande 1985
France 1985
Allemagne 1985
Grèce 1985
Hongrie 1992
Islande 1986
Irlande 1985
Israel 2000
Italie 1985
Lettonie 2000
Lituanie 1999
Luxembourg 1985
Macedoine 2008
Malte 2006
Monaco 2005
Montenegro 2012
Pays-Bas 1985
Norvège 1985
Pologne 1995
Portugal 1985
Roumanie 1997
Russie 1993
République de Saint-Martin 2005
Serbie 2002
Slovaquie 2001
Slovénie 1994
Espagne 1985
Suède 1985
Suisse 1985
Turquie 1985
Ukraine 2006
Royaume uni 1985
Union Européenne 1985
Pays associés depuis
Canada 2012
Afrique du sud 2014
Chili 2017
Corée du sud 2009
Centres d'informations nationaux depuis
Albanie 1991
Bosnie Herzégovine 2009


Exemples de projet

Blockchain PISC project

Pour permettre l'intégration des nouvelles monnaies numériques, telles que Bitcoin, dans les systèmes financiers mondiaux, il faut mettre en place des mécanismes de contrôle pour garantir le respect des lois et réglementations locales et protéger les consommateurs contre la fraude tout en préservant la confidentialité. C'est là qu'intervient le projet Blockchain PISC.

L'objectif du projet Blockchain PISC était de permettre la collaboration entre la société suisse SBEX et la société canadienne Bitaccess pour coordonner leurs efforts de recherche, échanger leurs expériences de développement et ouvrir l'accès à leurs produits et services respectifs dans les nouveaux marchés mondiaux[16].

Le projet, qui a eu lieu en 2015 et 2016, a connu un grand succès dans le développement de technologies qui ont connu un succès commercial depuis que le marché des monnaies virtuelles a explosé à partir de 2017.


La livraison intelligente de contenu pour l'ère numérique

L'architecture actuelle de l'internet n'a pas été conçue pour faire face à la diffusion massive de médias de haute définition. Le but du projet NOTTS [17]est de fournir une solution de streaming vidéo évolutive et robuste qui a été développée pour fournir un contenu multimédia adapté aux appareils intelligents. Le projet NOTTS couvre un écosystème complet qui couvre la distribution, l'architecture, le codage et bien d'autres aspects. Ce projet, financé par CELTIC Plus, a facilité la fourniture de services Over the Top (OTT) [18], un moyen de vendre et de diffuser du contenu audio, vidéo et autre sur Internet directement aux consommateurs. Un total de 27 innovations techniques ont été livrées dans le cadre du projet qui s'est déroulé entre 2013 et 2016 et sont maintenant sur le marché, permettant aux fournisseurs de services de médias de garantir la qualité du service et d'attirer ainsi plus de clients. Les technologies NOTTS ont également été reconnues par les organismes de normalisation mondiaux. Un total de vingt organismes (entreprises, universités et instituts) de six pays de l'Union Européenne ont pris parts à ce projet.


Projet de médecine à distance

Le consortium MoSHCA [19], dirigé par la compagnie néerlandaise Evalan, qui fait partie du projet de grappes ITEA (Information Technology for European Advancement), s'efforce de concevoir des applications et capteurs pour les patients atteints de maladies chroniques ou pour des patients se rétablissant de blessures.

La société néerlandaise Evalan a dirigé une équipe de Corée du Sud, du Luxembourg, du Portugal, d'Espagne et des Pays-Bas, pour concevoir cet écosystème.

Evalan a mis au point une chaussure équipée de capteurs pour aider les patients à mesurer la pression exercée sur les jambes et les pieds blessés lors de la rééducation[20] . À long terme, cette collecte de données améliorera l'étude et les conseils prodigués aux patients dans les cliniques et les hôpitaux, ce qui en améliorera la cohérence et la cohérence. Evalan a testé avec succès la chaussure dans des essais cliniques aux Pays-Bas et en Suède et vend désormais le produit commercialement. Evalan envisage d'utiliser une solution de communication Bluetooth développée pour le produit sur d'autres solutions Internet des objets (IoT) pour ses clients.


Notes et références

  1. « About Eureka (site anglais) », sur le site [1] (consulté le 5 Juin 2018)
  2. « Conférence ministérielle Eureka le 5 et 6 novembre 1985 à Hanovre Section 2 », sur le site [2] (consulté le 5 Juin 2018)
  3. « National Security: President Reagans Address on Defense and National Security 3/23/83 », sur le site [3] (consulté le 5 Juin 2018)
  4. « CHAPUT, P., La France face à l’initiative de défense stratégique de Ronald Reagan (1983-1986) Editions L'Harmattan, 2008, (consulté le 6 Juin 2018)
  5. « Conférence ministérielle Eureka le 5 et 6 novembre 1985 à Hanovre », sur le site [4] (consulté le 5 Juin 2018)
  6. « Eureka clusters (site anglais) », sur le site [5] (consulté le 4 Juin 2018)
  7. « Eureka umbrellas (site anglais) », sur le site [6] (consulté le 4 Juin 2018)
  8. « EuroAgri Foodchain (site anglais) », sur le site [7]2017, (consulté le 12 Juin 2018)
  9. « Eureka projects (site anglais) », sur le site [8] (consulté le 4 Juin 2018)
  10. « Eureka eurostars (site anglais) », sur le site [9] (consulté le 4 Juin 2018)
  11. « Eureka innovest (site anglais) », sur le site [10] (consulté le 4 Juin 2018)
  12. « European Business Angels Network (site anglais) », sur le site [11] (consulté le 4 Juin 2018)
  13. « EBN Innovation network (site anglais) », sur le site [12] (consulté le 4 Juin 2018)
  14. « About Tech Tour (site anglais) », sur le site [13] (consulté le 12 Juin 2018)
  15. « Eureka (organisation) (site anglais) », sur le site [14] (consulté le 5 Juin 2018)
  16. « Swiss Regulators Give Green Light for Bitcoin ATM Network. », sur le site [15], 2014 (consulté le 11 Juin 2018)
  17. « Project NOTTS (site anglais) », sur le site [16] (consulté le 11 Juin 2018)
  18. « Over-the-top media services (site anglais) », sur le site [17] (consulté le 11 Juin 2018)
  19. « MoSHCA - Project (site anglais) », sur le site [18] (consulté le 11 Juin 2018)
  20. « The result is a smart IoT application: the SensiStep, that monitors the strain in real time. », sur le site [19] (consulté le 11 Juin 2018)